COMPTE-RENDU
Anthony Dubreuil : « J’étais fou amoureux d’elle et dans le désespoir je suis revenu vers elle »
Ce jeudi 15 février, au tribunal judiciaire de Bordeaux, se tient le jugement en comparution immédiate d’Anthony Dubreuil. Le jeune adulte de 22 ans, originaire de Langon, est accusé d’avoir incendié la voiture de son ex petite amie.
Le 10 février 2024, à Langon, Anthony Dubreuil a incendié les véhicules de son ex petite amie, Farah Veine ainsi que de Madame Laëtitia Léglise à l’aide de substances explosives. Il est également accusé d’avoir exercé des violences sur son ex-compagne et sur Madame Isabelle Carpentier. Le prévenu reconnaît les faits qui lui sont reprochés.
Ces accusations nécessitant une expertise psychologique du prévenu, le procès est reporté. Laissant, à l’ordre du jour, la libre décision de la cour du maintien en détention, ou non, du prévenu jusqu’au prochain procès.
Depuis sa séparation avec Mme Veine, le jeune homme la cyberharcèle en lui proférant des injures et des menaces de mort. « Sale pute, grosse chienne, je te nique ta gueule, toi et ton fils », évoque le juge à haute voix. En 2021, le prévenu a été jugé pour les mêmes faits. Il avait écopé de 70 heures de travaux d’intérêt généraux ainsi que d’une interdiction de tout contact avec Mme Ven et d’un stage de sensibilisation aux violences conjugales. Un stage que le prévenu n’a pas pu effectuer par manque de moyen financiers.
Dubreuil a enchaîné les familles d’accueil après le divorce de ses parents. Il reconnaît être addict à l’alcool et à la drogue et déclare « je fume cinq joints par jour ». Quelques mois avant son dernier jugement en janvier 2024, le jeune homme a eu un emploi dans la voirie.
A la barre, son ex petite amie raconte qu’il s’est approché de sa famille et de son fils. Le prévenu n’est pas d’accord avec ces affirmations. La jeune femme, en détresse, dénonce la situation comme anxiogène et angoissante pour elle et son fils. Elle est interrompue par l’avocat de la défense révélant que c’est elle qui a recontacté M. Dubreuil. Elle lui répond qu’elle l’a fait pour lui demander d’arrêter, mais reconnaît lui avoir dit qu’il lui manquait. Cette intervention de l’avocat de la défense entraîne une confrontation avec le juge qui menace de lire les propos injurieux tenus par le prévenu.
Le procureur de la justice demande le maintien en détention de M. Dubreuil. L’avocat de la défense s’oppose à cette décision. Il évoque la fragilité psychologique et l’irresponsabilité des parents du prévenu. « Le père de mon client devait venir à l’audience, mais il avait kiné », insiste l’avocat. Il s’exclame, « Mon client a besoin de stabilité, la prison n’est pas la solution ». Selon lui, M. Dubreuil peut la trouver au côté de sa meilleure amie, chez qui il peut vivre.
A l’approche du verdict et face à la gravité des faits qui lui sont reprochés, M. Dubreuil se défend. « J’en prends conscience, j’étais fou amoureux d’elle et dans le désespoir, je suis revenu vers elle ». Le jeune homme sera maintenu en détention jusqu’à son prochain passage en comparution immédiate.
Joevin Jousseaume
