Banc d’Arguin : Quand la préservation d’un joyau naturel bouscule les habitudes des plaisanciers

Enquête. Entre incivilités et aléas environnementaux, le banc d’Arguin sur le Bassin d’Arcachon fait l’objet d’un bras de fer entre défenseurs de l’environnement et plaisanciers locaux. Face à la hausse des incivilités, suite à un décret durcissant la réglementation des usages au sein de la réserve naturelle, la cohabitation est plus que jamais fragilisée.

 Joevin Jousseaume

      Décembre 2015, le patron de la société Dolphin Jet School est condamné à trois mois de prison avec sursis et une amende de 7 000 euros. La raison : le directeur a exercé une activité commerciale de balade et de dégustation d’huîtres sans autorisation, dans le périmètre de la réserve naturelle protégée d’Arguin. Il est également accusé de mise en danger d’autrui avec non-respect des règles de sécurité.

Le jour du délit, sur le Bassin d’Arcachon, le ciel est bleu, l’océan calme. Des milliers de touristes relâchent la pression du travail les pieds dans l’eau, sous le regard aiguisé des gardes de la SEPANSO Aquitaine (Société pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest). Soudain, l’un d’eux aperçoit une embarcation de la société Dolphin Jet School au mouillage* avec une vingtaine de passagers à bord dégustant des huîtres. 

Les gardes, chargés de faire respecter la réglementation mise en place pour préserver le banc d’Arguin, ont verbalisé l’entreprise après un rappel à la loi peu concluant. Le directeur de l’entreprise, auteur de multiples récidives, attire l’attention du procureur de la République de Bordeaux. Une enquête s’ouvre.

Cet épisode n’est pas anodin. Chaque année, le Banc d’Arguin, cette étendue de sable de 4 km face à la Dune du Pilat, est le théâtre de nombreuses incivilités. Souvent traitées par des rappels à la loi et de la prévention, certaines d’entre elles sont punies d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500€ voir des peines d’emprisonnement pour les plus importantes.

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Le Banc d'Arguin, face à la Dune du Pilat en hiver. © Joevin Jousseaume

Règlements renforcés, tensions ravivées

Après la création de la réserve naturelle d’Arguin en 1972, un décret a été mis en place impliquant la délimitation d’une zone de protection intégrale (ZPI) et une réglementation imposant des restrictions des activités de loisirs et de l’ostréiculture au sein de la réserve.

D’abord créé pour protéger l’écosystème fragile du banc d’Arguin, ce décret a provoqué des tensions entre défenseurs de l’environnement et plaisanciers locaux. « Ils ont l’impression qu’on leur retire un espace de loisirs », ironise François Dindinaud, garde technicien à la SEPANSO Aquitaine. 

Derrière l’image de carte postale du banc d’Arguin, une guerre silencieuse se joue depuis des années devant les tribunaux. Peu de visiteurs savent que la réserve naturelle est au cœur d’un contentieux presque ininterrompu depuis sa création.

En 2017, après de nombreuses contestations, un nouveau décret redéfinit plus strictement la réglementation déjà en vigueur. Le périmètre de la réserve a été étendu et les règles renforcées : zones de protection plus strictes, limitation de mouillage, vitesse limitée à 10 nœuds (au lieu de 20 nœuds dans le bassin) et encadrement de la pêche et des activités commerciales.

Ensemble des périmètres en vigueur sur la Réserve Naturelle Nationale d'Arguin (RNN) depuis juin 2025.

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Mais pour certains plaisanciers, les règles sont trop strictes. « Avant, on pouvait dormir à côté de la ZPI, aujourd’hui le périmètre s’est élargi et on est limité partout, on ne peut plus rien faire. » s’exaspère Joël Confoulan, président de la Caub’Arc (Confédération des Associations d’Usagers du Bassin d’Arcachon).

« Il y a souvent un décalage entre l’intérêt immédiat des humains et la nécessité de protéger un écosystème sur le long terme. La cohabitation demande du dialogue, mais surtout de la rigueur dans l’application des règles », répond Jacques Storelli, ancien avocat pénaliste spécialisé dans les droits environnementaux et président de la CEBA (Coordination de l’environnement du Bassin d’Arcachon).

© Carte mentale de Joevin Jousseaume avec Genially.
Sources : SEPANSO Aquitaine , Préfecture de la Gironde.

L’adoption de ce décret a été contestée par les plaisanciers devant le Conseil d’État. Un recours finalement rejeté, le Conseil d’État estimant que le décret était en accord avec le code de l’environnement.

« Sur un site comme le Banc d’Arguin, la loi est la seule protection contre l’anarchie. Sans réglementation, la biodiversité serait perdue en quelques années », soutient l’ancien avocat pénaliste et  président de la CEBA, Jacques Storelli.

Plus de 7400 infractions en 2020

Bien plus qu’un banc de sable, le banc d’Arguin est une réserve naturelle marine de 4 700 hectares, dont 120 hectares de zone terrestre. Un véritable écosystème unique classé au patrimoine national depuis 1972. Un refuge pour les oiseaux migrateurs et un lieu de reproduction pour la végétation marine, les crustacés et les insectes. « Même si le banc se réduit, certaines espèces ne se trouvent nulle part ailleurs. C’est un endroit de quiétude où ils ont la paix pour nicher », explique François Dindinaud, observant avec attention les colonies de limicoles endormies sur le banc.  

La création de cette réserve a été la réponse aux dégradations répétées dans les années 1960 : vols de poussins, piétinement des œufs des sternes-caugeks (oiseaux migrateurs venus des pays de l’est) ou encore batailles d’œufs. « La colonie de sternes est la plus grande d’Europe, il y avait un enjeu de conservation énorme », précise fièrement Marion Célik, garde animatrice à la SEPANSO Aquitaine.

Pourtant, chaque été, les incivilités continuent de s’accumuler. En dix ans, le nombre d’infractions a été multiplié par dix passants de 714 en 2010 à plus de 7 400 en 2020. Mouillages illégaux, excès de vitesse, pénétration dans la zone interdite, chiens débarqués ou encore tapages nocturnes, la tentation de franchir les règles est grande.

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© Infographie de Joevin Jousseaume avec Canva.
Sources : Rapport d'activités 2024 sur le banc d'Arguin de la SEPANSO Aquitaine

Analyse des incivilités croissantes face à l’augmentation du nombre de bateaux recensés entre 2016 et 2024 et leurs impacts sur la réserve naturelle

Pour lutter contre ces incivilités, les gardes de la SEPANSO Aquitaine exercent une activité de police de l’environnement. Une mission difficile qui demande patience et détermination. En saison estivale, ils se lèvent tôt pour pouvoir se rendre sur la réserve. Accompagné du conservateur de la réserve naturelle, Benoit Dumeau et d’une paire de jumelles, les gardes enfilent leurs tenues grises brodées d’un insigne vert indiquant la réserve et mettent le cap au sud direction Arguin.

A bord de leur chaland, ils peuvent effectuer des rondes devant la réserve. « Dès qu’on arrive sur le site, on est vigilant sur tout le respect de la réglementation jusqu’au moment où l’on part », soutient François Dindinaud. « Tant qu’il y a des bateaux, on est obligé de rester même s’il est tard », indique-t-il.

Pour les plaisanciers, le rôle des gardes n’est pas bien perçu et certains d’entre eux refusent de changer leurs habitudes des années 1960, quand le banc d’Arguin était en accès libre. « Certains transgressent la règle par habitude. Ils faisaient ça il y a 30 ans et ils n’ont pas envie que ça change » affirme Marion Célik. « Au début, les gardes étaient tolérants. Aujourd’hui, les 

gens sont dogmatiques. Il y a un décalage entre ce que les gardes veulent protéger et la réalité du quotidien des plaisanciers » dénonce Joël Confoulan, porte-parole des plaisanciers. 

 

Si la SEPANSO Aquitaine est gestionnaire de la réserve, les décisions finales reviennent aux services de l’État et aux collectivités (mairie de la Teste-de-Buch, préfecture de la Gironde, ministère de l’Écologie). « Nous, nous sommes ici pour appliquer la réglementation et faire respecter la loi, on propose des solutions mais ce sont les services de l’État qui décident », rappelle François Dindinaud.

 

Cette situation complexe provoque de nombreux débats entre politiques, défenseurs de l’environnement, associations de plaisanciers et professionnels de la mer. Des discussions animées où tous veulent ajouter leur grain de sable.

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Les ostréiculteurs au cœur du conflit

En parallèle des activités touristiques, le banc d’Arguin est également un lieu idéal pour la production ostréicole grâce à ses courants océaniques et sa faune marine. Tout au long de l’année, les ostréiculteurs récoltent des huîtres avec une stricte obligation de respect de l’écosystème afin d’éviter l’érosion et le dérangement des espèces protégées. Une pression sur ces parcs, parfois source de conflits entre les défenseurs de l’environnement et les professionnels de la mer.

« Avec les ostréiculteurs, on collabore plutôt bien, tant qu’ils respectent ça ne nous pose pas de problème » affirme François Dindinaud. L’entente n’est pas toujours idyllique. En 2023, 16 tonnes d’huîtres illégales ont été saisies par les services de contrôle sur le banc d’Arguin. Ces dernières ne respectaient pas la taille minimale imposée par la réglementation et avaient été prélevées dans des zones interdites à la collecte.

« Ce n’est pas la plaisance qui pose problème, ce sont parfois des professionnels qui ne respectent pas la réglementation », souligne Joël Confoulan. Contacté pour s’exprimer, le président du comité régional de la conchyliculture, Olivier Laban a refusé tout commentaire prétextant une surcharge de travail liée aux fêtes de Noël.

La taxe Barnier : un sujet sensible

Depuis 1995, une taxe s’est ajoutée à la réglementation de la réserve naturelle : la taxe Barnier. Elle stipule que tout transporteur de passagers entrant dans une réserve naturelle nationale (RNN) doit s’acquitter de la taxe Barnier, soit un reversement de 7% du prix du billet du client à la SEPANSO pour la gestion de la réserve. De quoi nourrir les rivalités.

Au fil des années, une dette n’est pas passée inaperçue. La redevance de l’UBA (L’Union des Bateliers Arcachonnais) s’est élevée à 600 000€. « Lorsqu’ils l’ont mis en place, c’était très confus mais nous avons versé ce que nous devions auprès de la mairie de la Teste-de-Buch », se défend Christophe Castaing , ancien président de l’UBA. 

Si Me. François Ruffié confirme qu’aujourd’hui la situation est régularisée, il aura fallu l’intervention du service des douanes et de la répression des fraudes pour permettre cette régularisation.

La pédagogie comme solution

Si pour certains plaisanciers, l’existence de cette réserve naturelle rime avec restriction de liberté, la SEPANSO exclut l’idée d’interdire l’accès au site mais propose de « réguler et d’éduquer ». Le dialogue reste tendu car le respect des règles dépend de la sensibilisation et de l’application stricte de la loi.

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Caricature généré avec l'Intelligence Artificielle. (Prompt avec l'outil nano banana de Google AI Studio : Génère une illustration éditoriale caricature réaliste pour un article d’enquête. Scène sur le Banc d’Arguin (Bassin d’Arcachon) : un plaisancier debout sur le pont de son bateau au mouillage dans une zone réglementée, entouré d’eau turquoise et de bancs de sable clairs. À l’arrière-plan, suggérer discrètement des oiseaux protégés (sternes, limicoles) et la dune du Pilat au loin. Le plaisancier porte une tenue estivale ordinaire, lunettes de soleil, avec une expression mêlant incompréhension et agacement, caricature douce et sobre. Ajouter une bulle de dialogue : « On ne peut vraiment plus rien faire ? ». Style clair, pédagogique, éditorial, évoquant la tension entre loisirs et protection de la biodiversité, format paysage, haute résolution, publication web.

Chaque année, des centaines d’écoliers posent le pied sur le banc et découvrent la réserve à travers des visites guidées et des travaux pratiques. Depuis trois ans, l’association développe des projets autour de visites décarbonées en kayak ou en bateaux traditionnels. « La cohabitation c’est aussi un bon moyen de sensibiliser à la cause environnementale » se convint François Dindinaud.

De plus, les défenseurs de l’environnement soutiennent travailler au maximum avec les ostréiculteurs et les plaisanciers. Lors des réunions annuelles à la mairie de La Teste-de-Buch, « on échange avec eux, ils sont toujours conviés à participer aux discussions, mais lorsque le décret de 2017 a été mis en place, ils ont préféré faire la chaise vide » se souvient le garde.

« Nous avons fait la chaise vide une seule fois mais ça n’a rien changé car on ne nous demande jamais notre avis », peste Joël Confoulan, président de la Caub’Arc. « Lors des réunions, on nous présente la réglementation à appliquer et on nous impose des restrictions », se plaint-il.

Pour lui, la pédagogie ne suffit pas. Il vise les touristes qui ne lisent pas les panneaux, ne savent pas où se trouvent les ZPI. « Il faudrait une vraie information dès la location du bateau ». Et pour cause, même s’ils ne sont pas directement sur la réserve, les loueurs de bateaux, jet-ski et kayak jouent un rôle crucial dans la cohabitation entre la protection de la biodiversité et les usages humains.

Selon Me. François Ruffié, ces loueurs constituent aujourd’hui « la pire source » d’incivilités : « Les gens du bassin connaissent les règles et les respectent globalement, mais le vrai problème ce sont les loueurs. Ils louent des engins sans donner aucun conseil ni recommandation, et leurs clients peuvent se retrouver à violer la réglementation sans le savoir ».

Les gardes de la SEPANSO Aquitaine, commissionnés pour constater les infractions, doivent parfois intervenir pour des

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incidents provoqués par ces bateaux, allant de simples dérangements pour les oiseaux migrateurs jusqu’à des situations passibles de saisie des embarcations. Cette dimension commerciale amplifie la difficulté de faire respecter la loi sur le terrain et souligne la nécessité d’une sensibilisation renforcée auprès des entreprises de locations et des utilisateurs.

 

Maître Ruffié pointe également du doigt l’alibi du « je ne savais pas ». Selon lui, il n’est plus crédible face aux nouveaux outils de navigation modernes comme Navionics, un outil de cartographie qui affiche en détail les contours de la réserve, les ZPI et les zones de mouillage.

 

« On a eu à faire à un touriste qui disait ne pas être au courant de la réglementation alors qu’il avait la réglementation en gros plan sur un écran derrière lui », raconte l’avocat. Pour lui, ces technologies transforment ces erreurs en actes pleinement conscients.

D’autres infractions, jugées mineures par Joël Confoulan, sont considérées comme des incivilités par les autorités : vitesse excessive, pénétration dans les ZPI, mouillage hors zone. Le débat sur la proportionnalité de ces sanctions alimente les tensions notamment lors des réunions redéfinissant les zones de mouillage à la mairie de la Teste.

 

Chaque année, les zones de mouillages changent au gré des mouvements de sable et le paysage se redessine au fil des tempêtes. 

 

« Depuis trois ans la réglementation est inchangée, les locaux la connaissent » indique François Ruffié. « On a eu un pic de fréquentations après le COVID car les gens en avaient marre d’être enfermé mais depuis ça se stabilise » ajoute-t-il. « Les gens ne se rendent pas compte de la fragilité du milieu avant d’être sur place » ajoute Marion Célik. Dans son rôle, la garde animatrice distribue des fiches informatives aux plaisanciers une fois sur  le banc.

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En hiver, les oiseaux migrateurs se reposent sur le banc d'Arguin loin de la pression humaine de la saison estivale. © Joevin Jousseaume

« Depuis trois ans la réglementation est inchangée, les locaux la connaissent » indique François Ruffié. « On a eu un pic de fréquentations après le COVID car les gens en avaient marre d’être enfermé mais depuis ça se stabilise » ajoute-t-il. « Les gens ne se rendent pas compte de la fragilité du milieu avant d’être sur place » ajoute Marion Célik. Dans son rôle, la garde animatrice distribue des fiches informatives aux plaisanciers une fois sur  le banc.

 

Un intérêt à l’échelle européenne

 

En observant les oiseaux, Marion Célik rappelle l’importance de la réserve naturelle à l’échelle européenne. « Pour les oiseaux migrateurs, ce sont des étapes vitales : sans zones de repos et de reproduction cohérentes, certaines espèces ne survivraient pas ». « Nous avons plus de 260 espèces d’oiseaux migrateurs, en hiver ce sont surtout des limicoles* », précise Adrien de Montaudouin, chargé des études ornithologiques à la SEPANSO Aquitaine. 

Première réserve naturelle en France, elle est classée site Natura 2000 et s’inscrit au patrimoine national. Selon Marion Célik, « il faut aller plus loin ».

Au travers de leurs missions de comptages, les gardes de la SEPANSO Aquitaine mettent à profit leurs connaissances ornithologiques et étudient l’environnement des oiseaux tous les mois. « Nous avons observé des réelles améliorations de leur quotidien. De plus en plus d’espèces viennent nicher sur le banc, ce qui montre l’intérêt réel de créer des espaces naturels protégés », stipule la garde animatrice.

« Si on enlève ce petit banc de sable, il peut y avoir des dommages irréversibles pour l’ensemble de la population mondiale des oiseaux », s’exaspère François Dindinaud.

Une cohabitation fragile mais possible

Fort de ces progrès, certains visiteurs persistent à franchir les interdits. D’autres rêvent encore d’un accès libre et illimité. Joël Confoulan tempère, « il faut reconnaître que certaines règles sont trop strictes pour les plaisanciers locaux. La clé, c’est le dialogue et la sensibilisation, pas seulement la contrainte ».

Jacques Storelli n’est pas de cet avis, « la pression sur cet espace va s’intensifier. Il faudra choisir entre l’usage de confort et l’intérêt collectif de protection. La concertation est essentielle, mais elle ne doit pas affaiblir la loi », insiste-t-il.

Sous la surface turquoise du Banc d’Arguin, un autre basculement juridique majeur est en train de se jouer autour des phoques. Jusqu’ici, le dérangement de la faune relevait surtout de la contravention. Mais pour François Ruffié, la situation a changé : « On a eu trois fois le cas l’été dernier : les phoques ont fui à cause des touristes qui sont venus les déranger. »

Or, « si un animal protégé modifie son comportement comme quand il quitte son reposoir, la loi ne parle plus d’incivilité mais de délit environnemental », confirme l’avocat. « Si on prouve qu’un jet ou un bateau provoque le départ d’un phoque, ce n’est plus une simple infraction, c’est un délit ! » insiste-t-il. D’après l’avocat, si cette situation venait à se présenter de nouveau, la saisie de l’engin pourrait être envisagée.

Contactés, le maire de La Teste-de-Buch, la préfecture de la Gironde, la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) et le CAPS (Cercle Arcachonnais de Pêche Sportive) n’ont pas répondu.

En avril prochain, tous ces acteurs se réuniront de nouveau à la mairie de la Teste-de-Buch pour rediscuter des zones de mouillage et de la réglementation pour la saison estivale. Nul ne doute qu’elle sera aussi houleuse que les précédentes.

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