La Teste-de-Buch, un poumon économique du Bassin avec beaucoup de petites entreprises
La commune de La Teste s’est surtout développée autour de ses zones d’activité, faites de grandes surfaces commerciales et de petites entreprises. Du coup, le commerce dans le centre-ville est toujours à la peine, même si le taux de vacance a baissé ces dernières années
La ville de La Teste n’est pas seulement l’une des plus grandes communes de France en superficie, le principal pôle urbain du bassin d’Arcachon, elle est également le poumon économique du territoire, en particulier grâce à ses zones d’activité qui se sont développées ces dernières années. Elles rassemblent la majorité des emplois et des salariés. D’abord historiquement autour de Secary et Caillivole qui furent autrefois des terres agricoles, puis elles se sont étendues.
Plus récemment, des zones commerciales imposantes ont vu le jour, d’abord l’Intermarché Cap Océan, proche du centre, qui a remplacé de précédentes grandes surfaces en 2013 et s’est agrandi. Puis surtout avec l’ouverture du centre commercial Leclerc les Océanides en 2014, suivi juste à côté, en 2018, de 22 000 m² de boutiques, ce qui en fait le plus important pôle commercial du bassin d’Arcachon. Des entreprises se sont aussi installées au fil des ans sur ce que l’on appelle au sens large la zone d’activité, notamment des concessions automobiless
Grands et petits
Si l’on fait exception de la base aérienne 120 de Cazaux et ses 3 000 personnes, ainsi que de la mairie (600 agents) et du Pôle santé (hôpital et clinique), les plus gros employeurs privés s’y trouvent. Les grandes enseignes comme Intermarché et Leclerc bien entendu, mais aussi le groupe Renault Côte d’Argent, Safran, Nanni, le groupe Charbonnier. Plus récemment, Zodiac a installé son siège (50 salariés) dans le nouveau pôle nautique à l’Aiguillon.
Mais ces quelques grosses entreprises sont l’arbre qui cache la forêt. Le tissu économique de la ville est surtout composé de petites et toutes petites entreprises, dans le commerce et les services à égalité : 37 % des entreprises n’ont aucun salarié, et 45 % ont de un à quatre salariés. Leur santé économique est conforme à celle de la Gironde si l’on se base sur le taux de survie à cinq ans. Mais les commerces du centre de La Teste ont évidemment pâti, il y a déjà longtemps, de ces ouvertures de grandes zones commerciales. Cependant, le taux de vacance (boutiques fermées) y a baissé ces dernières années. Il est passé de 12 à 8 % (moyenne nationale 9,6 %) et 18 commerces y ont ouvert en 2023, même si d’autres ont aussi fermé. À noter également que la municipalité a lancé un établissement public, Hippocampus, pour accompagner et dynamiser le commerce et l’artisanat.
« Rassurant »
« Sud Ouest » est allé à la rencontre de plusieurs de ces commerçants du centre, dont le ressenti est différent. Romain Verrier a un nouveau restaurant, Tekoa, situé à quelques pas de l’ancien qu’il avait ouvert il y a quatre ans. Il est sous les arcades à côté du bar l’Esquirey. Et l’an dernier, le Tekoa a aussi ouvert dans le nouveau village de la dune du Pilat. Il propose des produits frais de saison, et notamment des bowls maison que l’on peut composer, ainsi qu’un brunch le dimanche. Fin mai, il inaugurera un nouveau concept, un atelier de peinture avec possibilité de dégustation sur place, boulevard de Curepipe. Pour lui, c’est important de « faire vivre La Teste ». Il a constaté que des commerces commençaient à s’implanter : « On voit qu’il y a un changement, c’est rassurant ».
« Redynamiser »
Camille et Florian Desquaires, originaires du Moulleau et du Cap-Ferret, ont créé leur marque, Les Enfants du Bassin, en 2020. Comme ils ne trouvaient pas de décoration à leur goût pour leur enfant, ils ont décidé de la créer eux-mêmes. Ils produisent des pancartes, coussins et accessoires personnalisables aux nom et date de l’enfant avec les motifs du bassin d’Arcachon. « Nos produits sont pour les petits et les grands enfants du Bassin. » Ils se sont fait connaître en vendant sur les marchés et sont revendus chez Alinéa et Cultura. Ils ont acheté un atelier dans la zone industrielle de La Teste pour pouvoir stocker leurs produits. En ouvrant une boutique dans le centre de la commune en décembre, ils ont souhaité donner envie à d’autres commerçants de s’installer et veulent contribuer à la redynamisation du cœur de ville. « Il y a peu de commerçants, il n’y a que des banques et des agences immobilières et les locaux sont très chers. Personne ne se balade dans le centre de La Teste, heureusement qu’on a le marché. »
« Légère augmentation »
Benjamin Moine a ouvert sa pâtisserie il y a trois ans rue Victor-Hugo. Il est l’un des pâtissiers du centre de La Teste avec Marquet et s’est fait connaître grâce à son camion magasin avec lequel il a fait le tour des marchés pendant une dizaine d’années. À l’époque, quand il a ouvert, il y avait peu de commerces dans le centre. Depuis, il constate une légère augmentation mais trouve dommage qu’il soit le seul commerce alimentaire et qu’il y ait « peu de magasins ». Il souhaiterait que d’autres commerces de bouche ouvrent « pour donner envie aux locaux et aux passants de rester boire un verre ». Dans sa pâtisserie, les clients peuvent manger sur place, il propose des chocolats, des créations pâtissières aux fruits de saison et une partie salée.
« C’est vide »
Viviane Collard a donné son propre nom à sa boutique située sur la place du marché. Elle fait partie des plus anciennes boutiques du centre. La sienne existe depuis 1970, elle a été créée par ses parents. Elle vend de la décoration et du linge de maison. Elle se dit « déçue » de voir « des boutiques du centre-ville fermer ». Elle dénonce un problème : les propriétaires des immeubles refusent de louer leurs locaux aux commerçants car ils ne croient pas en la fiabilité et la durabilité du commerce. « Le matin, il y a du monde grâce au marché, mais l’après-midi, c’est vide. Les gens vont se balader à Arcachon, pas à La Teste car il n’y a pas de boutiques. »
« Turnover »
Enfin, Thomas Renault tient Casa Italia avec son associé, rue Pierre-Dignac, depuis trois ans et demi. Ils proposent des pizzas gastronomiques, souvent différentes de ce que l’on peut trouver ailleurs. « Le centre est assez mort et si on n’a pas de voiture, c’est difficile de faire des courses, sauf au marché. Le soir, il n’y a pas grand-chose à faire et c’est désert, et peu de lieux pour les enfants en journée. Il faut aller à Arcachon ou à Gujan-Mestras », regrette-t-il. Il constate lui aussi un fort turnover et pas mal de fermetures. « J’ai l’impression que ceux qui ouvrent ne restent pas longtemps ». Il déplore également le manque de signalétique, et l’état de la rue Pierre-Dignac où il s’est installé.
