Chaque année, durant la période estivale, le Grand site de la dune du Pilat propose gratuitement aux visiteurs une balade contée d’1 h 30. Une découverte de l’histoire de la dune originale et divertissante

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Les visiteurs écoutent les contes de Myriam Darmanté, assis en cercle au pied de la forêt des oyats. Crédit photo : Joevin Jousseaume

En ce début d’après-midi grisonnant sur la Dune du Pilat, une vingtaine de visiteurs se réunissent en attendant Myriam Darmanté, la conteuse professionnelle. Si certains viennent sur ce site unique pour la première fois, d’autres le connaissent mais sont simplement curieux de découvrir la plus haute dune d’Europe autrement. Myriam Darmanté offre, plusieurs fois dans l’année, des prestations appelées « balade contée », sans participation financière du public, dans lequel elle raconte à sa façon l’histoire de la Dune.

La conteuse, vêtue d’une longue robe blanche brodée de grandes fleurs roses, s’adresse à eux : « À votre avis, c’est quoi une balade contée ? » « On se balade et on écoute des histoires », répond spontanément un jeune père de famille. En riant, Myriam laisse planer le mystère et encourage les visiteurs, avec son sourire rassurant, à la suivre dans la forêt dunaire. Accompagnée par Marie Corbière, une jeune assistante en animation, Myriam commence son histoire en racontant les incendies survenus il y a 4 000 ans. Ces incendies ont causé la disparition de la première forêt, recouverte par le sable au fil des années.

Son du kalimba

À l’aide de son kalimba (petit instrument) en peau de chèvre, elle évoque son grand-père, Clément : « C’est grâce à lui que je connais toutes ces histoires ». Dès que les premières notes du kalimba retentissent, le ciel s’éclaircit et le public se laisse embarquer par les contes de Myriam. Si les parents semblent bercés par les mots, les enfants se montrent plus distraits, attentifs aux bruits de la forêt.

C’est à ce moment-là que Myriam raconte la triste histoire de Pinpin l’écureuil et de Fernand l’embrasseur, un ami de son grand-père. Fernand était gemmeur, il récoltait la résine de pin, c’était un amoureux de la nature. Myriam sollicite alors les enfants : « À votre avis, pourquoi on l’appelait Fernand l’embrasseur ? » « C’est quelqu’un qui fait des bisous », s’exclame innocemment un jeune garçon. « Il faisait des câlins aux arbres », dit-elle. Elle ajoute : « À l’époque, Fernand, il avait perdu ses bonbons mais il avait trouvé des pierres précieuses ! ». « C’est quand même mieux que les bonbons », réplique le jeune garçon.

« Vous savez que tout ce que je vous dis est vrai », souligne Myriam, en continuant sa marche vers la Dune. Sur le chemin, les enfants cherchent en vain, les bonbons de Fernand l’embrasseur et la pomme de pin de Pinpin l’écureuil dans le creux des arbres.

Au pied de la Dune, la conteuse, toujours munie de son kalimba, dévoile un secret, découvert par son grand-père. « Je vous ai dit qu’il s’appelait Clément mon grand-père ? » insiste Myriam. Le soir de Noël, la Dune se serait ouverte en deux, son grand-père y aurait alors glissé un panier avant que la Dune ne se referme au douzième coup de minuit. « Savez-vous ce qu’il y avait dans le panier de mon grand-père ? Toutes les histoires que je vais vous raconter là-haut ; »

Les oyats

L’heure est venue de retirer les chaussures et d’affronter les 104 mètres de la Dune du Pyla. Les plus courageux ont emprunté le chemin de sable en laissant les plus prudents grimper l’escalier. Une fois au sommet, chacun reprend son souffle et admire les couleurs uniques qu’offre bassin d’Arcachon. En tournant la tête, ils constatent les dégâts causés par les incendies ravageurs de l’été 2022 et écoutent les précisions apportées par Marie Corbière.

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Le conte du jour débute dans la forêt dunaire avec l'histoire de pinpin l'écureuil. Crédit : Joevin Jousseaume

Face aux nombreux visiteurs en cette période de vacances scolaire, Myriam décide d’emmener son public dans la petite forêt située au bord de la Dune vers la corniche. Tous assis en tailleur sur le sable, ils écoutent les paroles de Myriam avec attention. Pour expliquer l’importance des oyats qui fixent la Dune, la conteuse les compare aux cheveux de la fée Carabosse qui aurait donné vie à la forêt et protégé tout un village d’une tempête grâce à la force de son corps. Elle déconseille aux enfants d’arracher ces oyats au risque d’attiser la colère de la fée. « Les fées, c’est comme les mamans, c’est calme, mais si tu lui tires les cheveux, c’est plus calme du tout. »

Pour finir cette balade d’1 h 30, Myriam sort de sa poche un mystérieux sac. À l’intérieur, de la colophane (résine), de la céramique et un clou du Moyen-Âge. Elle explique que Fernand l’embrasseur a fait cadeau à son grand-père de ses précieux objets trouvés sur la Dune. À la fin, une jeune mère et sa fille, en découverte de la région, expliquent avoir « bien adhéré » : « On s’est laissé embarquer, c’était super ». Une autre questionne : « Mais alors, il y avait quoi vraiment dans le panier de votre grand-père à part les histoires ? » « Pour le savoir, il faudra revenir une prochaine fois », répond Myriam, en remerciant le public pour son attention.

Journaliste : Joevin Jousseaume

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