Bassin d’Arcachon: un transfert de classe Ulis qui passe mal dans le Val de l’Eyre

La classe Ulis de niveau primaire de l’école Aliénor de Belin-Béliet, pour élèves en situation de handicap, sera transférée à Biganos à la rentrée 2024. Un changement contre lequel, les parents d’élèves, en colère, tentent de lutter

Photo Parents Ulis Sud Ouest
Les parents d'élèves inquiets de la fermeture de la classe Ulis accompagnés de leur enfant. Crédit : Franck Delacourt, parent d'élève

À la rentrée prochaine, la classe Ulis de niveau primaire de l’école Aliénor de Belin-Béliet sera transférée à l’école Jules-Ferry à Biganos. Face au grand nombre d’élèves entrant au collège, les parents doivent choisir entre scolariser leur enfant à l’école Bertrine de Belin-Béliet (à côté d’Aliénor) ou à Biganos. Parmi les deux classes Ulis que compte le Val de l’Eyre, la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de la Gironde (DSDEN) a choisi de transférer celle de l’école Aliénor.

Une décision expliquée par le congé maternité de l’enseignante titulaire. Depuis un an, les élèves de cette classe ont connu trois maîtresses. Selon les parents, la DSDEN de la Gironde « refuse le retour de l’enseignante à 80 % », et elle est de fait confrontée à la difficulté de recruter un enseignant disposant du diplôme requis pour cet enseignement. La DSDEN justifie également ce changement par « l’objectif de réduction des temps de trajet des familles des enfants en situation de handicap qui pour beaucoup vivent à proximité de Biganos ».

Une pétition signée

En colère, les parents dénoncent une situation qu’ils jugent « anxiogène » pour leurs enfants. « Ils sont affectés psychologiquement », déclare Franck Delacourt, père du petit Ethan atteint d’autisme. « Si on perd la classe Ulis, on court à la catastrophe », ajoute Stéphanie Ridoit, mère de Thomas, également atteint d’autisme. Les autres classes Ulis du sud du bassin d’Arcachon étant « surchargées », ils n’ont pas d’autres choix que d’inscrire leurs enfants à Biganos.

Malgré les places réservées à l’école de Biganos, les parents refusent d’imposer à leurs enfants un tel changement. Chaque matin, ces jeunes devront effectuer jusqu’à quarante minutes de trajet en taxi pour étudier « loin de leur environnement habituel ». « C’est très fatigant pour eux », soutient Stéphanie Ridoit. Pour eux, ces trajets impacteraient leurs capacités de travail alors qu’ils connaissent déjà des troubles de la concentration. Ils souhaitent que de nouvelles classes ouvrent autour du Val de l’Eyre afin d’éviter de devoir scolariser leurs enfants dans le cursus ordinaire.

Pour lutter contre cette décision, les parents ont lancé une pétition pour le maintien de la classe Ulis de l’école Aliénor. À l’initiative de Franck Delacourt, 15 autres parents d’élèves se sont unis dans un groupe d’entraide sur Facebook.

Toutefois, la DSDEN interrogée par « Sud Ouest » se veut rassurante : « Les familles seront toutes accompagnées dans leur choix, […] les services de la DSDEN se tiennent à la disposition des familles qui en ressentent le besoin. »

Ulis c’est quoi ?

Les Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) sont des dispositifs permettant la scolarisation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires ordinaires. Ce dispositif, autrefois appelé Clis (Classe pour l’Inclusion Scolaire), existe depuis 1989. Ces classes accueillent jusqu’à 12 élèves maximum avec ou sans auxiliaire de vie. Elles permettent aux élèves de suivre un programme adapté à leurs besoins et leurs aptitudes de la maternelle jusqu’au lycée. Les professeurs d’école doivent être titulaires d’un diplôme d’enseignant spécialisé dans le champ du handicap.

Journaliste : Joevin Jousseaume
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