Mon Évènement Marquant

Le ministre de la Mer et de la biodiversité, Hervé Berville déguste les huîtres d'Arcachon après s'être exprimé devant les ostréiculteurs et conservateurs du Bassin. Crédit vidéo : Joevin Jousseaume

Durant mon stage à la rédaction de Sud-Ouest, j’ai eu l’occasion de pouvoir faire de nombreux reportages sur le terrain. J’ai vu en chacun de ces moments sur le terrain, de réels occasions de mettre en application mes capacités et mon savoir-faire. 

Plusieurs événements m’ont marqué, mais celui qui m’a le plus appris du métier s’est déroulé dans les premiers jours de mon stage. Nous étions le 4 avril, une journée banale et ensoleillée sur le Bassin d’Arcachon, cependant une visite spéciale du ministre de la Mer et de la biodiversité, Hervé Berville à Arcachon a bouleversé ma journée et ma vision du journalisme.  

La journée

En effet, ce jeudi, Hervé Berville venait pour constater les dégâts causés par les tempêtes de l’hiver dernier sur le Banc d’Arguin ainsi que sur la presqu’île du Cap-Ferret. 

Il est 10h sur le parking du petit port d’Arcachon, le ministre se fait attendre. Pendant ce temps, les invités, journalistes et politiques arrivent. À mes côtés, David Patsouris, mon référent pour cette journée qui tente de me rajouter sur le bateau. David discute avec les journalistes sur place, Jean-Baptiste (la Dépêche du Bassin), Gladys Cuadrat (France Télévisions) entre autres. 

En tant que jeune journaliste, cette situation est très inconfortable pour moi, mais je tente de me présenter, de me faire connaître auprès des journalistes. Rapidement, j’aperçois un visage familier, Océane Archambault, étudiante en troisième année à l’EFJ, pour cette journée elle couvre l’événement pour TV7 Bordeaux. 

Après une heure de retard, le ministre de la Mer et de la biodiversité, Hervé Berville arrive accompagné d’un cortège de motards et d’un sous-officier ayant couvert le génocide au Rwanda dont le nom m’échappera dont j’ai eu l’immense honneur de pouvoir serrer la main. 

Une fois monté sur le bateau, les journalistes s’empressent de prendre des clichés photos et vidéos du moment et tentent de saisir toutes informations croustillantes pour son papier. Mais ce n’est pas sans contrainte, l’attachée de presse du ministre intervient et tente de repousser les journalistes du ministre, « pas de photos sur le bateau, il y aura un point presse après » s’exclame-t-elle.

Le bateau se rapproche du banc d’Arguin, en face de la célèbre Dune du Pilat, si le ministre en profite pour prendre des photos, les journalistes se préparent à être au plus proche de lui lors de sa descente du bateau. Tout le monde descend sur le sable, Hervé Berville écoute le discours, ou plutôt l’appel à l’aide des représentants de la Société pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (Sepanso) ainsi que les conservateurs de la réserve naturelle du Banc d’Arguin. 

Après la réponse d’Hervé Berville à ce discours, le bateau repart et navigue jusqu’au Canon, un petit village au nord-ouest de la presqu’île du Cap-Ferret. En descendant du bateau, les journalistes se frayent un chemin au milieu du rassemblement de personnes suivant le ministre pour lui tendre le micro au plus près de la bouche. 

La balade se termine dans une cabane à huîtres traditionnelles face à la mer où une dégustation de fruits de mer débute. Ça y est, le point presse est arrivé, tout le monde se regroupent autour d’Hervé Berville pour écouter son discours encourageant et rassurant pour les ostréiculteurs et les défenseurs de l’environnement. Sur un trait d’humour, Hervé Berville est arrivé à les convaincre avec des promesses financières pour leur venir en aide. 

Lorsque la dégustation s’est terminée, chaque journaliste négociait son interview avec le ministre auprès de son attachée de presse. David Patsouris, mon collègue, a réussi à obtenir son interview et s’est faufilé dans un coin tranquille pour l’écrire et écrire le reportage de la journée. Le but ? Être le premier a publié l’information. 

Ce que j’en ai appris ? 

Cette journée reportage aux côtés du ministre de la Mer sur le Bassin d’Arcachon a été très formatrice pour moi. J’y ai compris toutes les difficultés du journalisme de terrain, il faut savoir prendre les devants, ne pas avoir peur de s’imposer pour obtenir la meilleure interview possible. Il faut donc être organisé, avoir préparé son sujet en amont pour ne pas se perdre et se laisser distraire par la présence du ministre ou de toutes autres personnalités publiques à la forte notoriété. 

Savoir s’affirmer n’est pas la seule clé vers la réussite, il faut aussi être capable de vendre son sujet, convaincre l’interlocuteur de nous accorder du temps et ne jamais oublier que nous avons l’étiquette du journaliste qui écrit pour ses lecteurs. 

Journaliste : Joevin Jousseaume

Retour en haut