Le Bassin d'Arcachon après les tempêtes hivernales
Après les récentes tempêtes sur la côte aquitaine, le bassin d’Arcachon constate de nombreux dégâts. La situation alarme les riverains et les politiques qui dénonce une urgence climatique et souhaite le déploiement de moyens pour lutter contre l’érosion maritime.
Les tempêtes Céline, Chiaran et Domingos, ont ravagés la côte atlantique ces dernières semaines. Avec des vents violents allant jusqu’à 140 km/h et des courants maritimes très forts, les littoraux aquitains et notamment ceux du bassin d’Arcachon ont été fortement dégradés. Les plages et les dunes de sable n’offrent désormais plus le même décor.
Au lendemain de ses tempêtes, les riverains ont pu constater un changement important du paysage. Les dunes de sable des plages du littoral sont victime d’une forte érosion, celle-ci allant jusqu’à 7m sur la plage du petit Nice. Le légendaire banc d’Arguin, qui alimente la Dune du Pilat, a été submergé en grande partie par les vagues endommageant les nombreux parcs à huitres qui s’y trouvent. Sur le banc d’Arguin, ce sont près de 25 hectares de parcs à huitres qui ont été détruit, soit 50% de la production sur ce lieu.
D'autres constats majeures
Face aux coefficients s’élevant à plus de 100, la ville d’Arcachon n’a pas été épargné par les dégâts. De nombreux commerces et infrastructures ont dû être fermés à cause des inondations. Le poste de secours de la plage de la Salie nord, habituellement ancré dans le sable, a dû être démonté face à l’érosion importante. La Dune du Pilat, qui recule chaque année vers les terres, a été sculpté par le vent. Si cela permet aux photographes de faire de magnifique clichés, le bilan de ces tempêtes reste tout de même alarmant.
Des solutions envisagées
Les résidents du bassin d’Arcachon sont habitués aux tempêtes hivernales dévastatrices. Pour autant, malgré la vigilance orange du département pour vents violents et risques de submersions, les girondins n’ont pas plus anticipé ces épisodes venteux. Après chaque tempête les riverains constatent et réparent les dégâts mais à ce jour aucunes solutions n’a été trouvées à long terme. Pour autant, au Cap-Ferret un homme s’est distingué en allant à l’encontre des politiques jusqu’ici employés.
En effet, l’ancien styliste et homme d’affaires français, Benoît Bartherotte, qui dispose d’une propriété à la pointe de la presqu’île du Cap Ferret a financé un lourd renforcement de la digue de la presqu’île afin de protéger ses biens et d’éviter que la submersion de l’océan. Le Cap Ferret est une zone qui subit régulièrement les vents violents et l’érosion. Des risques de submersion menacent également la presqu’île. Pour lutter contre ces risques, Benoit Bartherotte finance depuis près de 40 ans, à l’aide de ses économies personnelles, la construction d’une digue en pierre de 450m visant à lutter contre l’érosion dunaire et à protéger la pointe du Cap Ferret des risques de submersion. Il est aujourd’hui considéré comme le pionnier le protection du Cap Ferret grâce à ces investissements. L’homme d’affaire s’est exprimé sur le sujet et a déclaré que selon lui, les communes du bassin d’Arcachon doivent agir sur le littoral dans le cadre du PPRL (Plan de prévention des risques littoraux).
Après les tempêtes, la députée du département de la Gironde, Sophie Panonacle, s’est rendu sur le bassin d’Arcachon et notamment sur la commune de La-Teste-de-Buch. Si cette dernière déclare que certaines infrastructures comme les postes de secours des plages du petit Nice et du Cap Ferret devront être déplacés, elle s’inquiète tout de même de la situation.
La députée souhaite agir au plus vite, selon elle nous avons trop attendus et la situation devient aujourd’hui urgente. « On s’est rendu compte qu’on ne maitrisait pas le rythme de l’érosion, il y a eu un recul du trait de côte qui a été bien au-delà des prévisions », s’est exclamé Sophie Panonacle. Elle a également apporté son soutien aux ostréiculteurs ayant perdus une partie importante de leurs parcs à huitres, aujourd’hui sous le sable du banc d’Arguin.
L’élue dénonce également, « La nature elle est là, le changement climatique il est là et on ne peut plus rester la tête enfoncée dans le sable ». La réhabilitation du littoral va susciter un important investissement financier et va prendre du temps mais il est nécessaire.
Quels impacts pour les ostréiculteurs ?
Quant aux ostréiculteurs, si leur production a été en partie détruite par les tempêtes, ils n’ont pas le choix de s’adapter et de rebondir face à ces phénomènes cycliques. À l’approche de la saison hivernale, les huitres du bassin, grandement plébiscitées, risquent de se faire rare et une hausse des prix de ces dernières est à attendre.
